« Vous dites : C’est épuisant de s'occuper des enfants. Vous avez raison.
Vous ajoutez : Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. Là, vous vous trompez.
Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments.
De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre.
Pour ne pas les blesser. »
Janusz Korczak
Petit Homme motivé pour un bain, je prépare la baignoire et lui propose de commencer à se déshabiller. Il tire sur son pantalon, qui n'est pas très coopératif et refuse de descendre.
Mon lutin interrompt ses efforts et me sort d'un air indigné :
« Mais je peux pas l'enlever, je suis trop petit !
- ??!?!!? ( = "WTF" "plait-il ?")
Ma réponse tarde quelques secondes comme souvent en cas de celle-là-je-l'avais-pas-vue-venir, puis tombe d'un air mi-penaud/mi-fautpascharrier :
- Pourtant tu as réussi à l'enlever hier... »
Pendant que je me fais copieusement éclabousser d'eau (et virtuellement de bouse de vache), je me demande quand-même où il est allé chercher ça...
Lorsqu'il tente faire quelque chose hors de sa portée, il me semble que je me garde bien de lui répliquer qu'il est trop petit... D'abord je le laisse essayer puis je lui explique que c'est dangereux/difficile/compliqué, qu'il faut beaucoup de force, etc...
Bref...
Où qu'il ait entendu ça, ce "constat" semble presque un réflexe maintenant : rebelote en balade, son papa fait une boule de neige qu'il lance à notre toutou, Petit Homme veut l'imiter, il se baisse pour ramasser de la neige
« Mais je suis trop petit, ça fait pas une boule ! »
On a même eu droit à la version « Mais je suis pas assez grand ! »
Ce qui me gène avec ce genre de déclaration c'est que :
- d'une part, ce n'est pas toujours vrai, s'il n'arrive pas à ses fins ce n'est pas forcément parce qu'il n'a pas l'âge (cf le coup du pantalon).
- d'autre part, elle a ce côté péremptoire qui coupe court à toute persévérance : pas la peine d'essayer puisque de toutes façons, je suis trop petit.
Donc maintenant, quand il est frustré parce qu'il n'arrive pas à faire ce qu'il voudrait, j'essaie de lui expliquer que si moi j'y arrive, c'est parce que je me suis beaucoup entraînée (pas parce que je "suis grande"), que lui aussi y arrivera quand il se sera exercé (pas "quand il sera grand"), que c'est difficile/qu'il faut beaucoup de force/que ça peut prendre du temps...
Et puis je mets en avant ce qu'il a déjà réussi à faire, et parfois je lui propose un défi à sa portée pour lui redonner confiance.
Parce que son attitude dans ces moment-là me fait penser qu'il préfère ne pas essayer plutôt que de risquer d'échouer, qu'il a peur de ne pas réussir, et que le fait de se dire qu'il n'y arrive pas parce qu'il est trop petit le rassure...
Hem hem... Cette peur de l'échec, je crains d'y être pour quelque chose...
Bon, j'y travaille, et ma propre prise de recul ainsi que mes reformulations semblent porter leurs fruits : il utilise moins cette expression ces derniers jours !
Et je découvre chez Katioucha une vidéo qui parle justement de ce fameux droit à l'erreur. Je trouve les réflexions de cette maman vraiment justes...
C'est l'histoire d'un petit d'homme né en juillet 2009 qui découvre la vie et le monde qui l'entoure.
La bibliothèque de maman :
La bibliothèque de Petit Homme :
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